C’ est l’avenir qui me défile sous les yeux, l’avenir qui me nargue chaque jour un peu plus. Ce batiment, ce permis provisoire, c’est tellement peu je sais. mais j’aurai voulu qu’il soit là. J’aurai voulu qu’il voit tout ca. 
Je le sais, il aurait ouvert une bouteille de vin, m’en aurait servi un verre. J’aurai mimer un dégout profond du coin des lèvres. Mais il m’aurait obligé à l’apprecier ce vin, il m’aurait obligé à apprecier chaque réussite. Chaque nouveau pas en avant. Il m’aurait nourrit de ces récompenses et m’aurait conditionné à la victoire. Son absence est finalement pire que tout. Plus les années défilent et plus le manque se creuse. Je le grandis toujours plus à mesure que le temps passe et mon deuil s’en voit devenir un éternel recommencement. Cet être supprême n’était autre qu’un homme dont les défauts semblaient s’estomper sous une montagne d’autodérision. J’aurai voulu lui ressembler. Lui voler cette assurance. Cette sureté. J’aurai voulu qu’il ne disparaisse jamais. Comme il me manque. Comme certains soirs de réussite sont douloureux. Quel paradoxe. Et quand j’analyse la situation, le courage me manque. Ce genre de victoire n’est jamais complète, jamais certaine. Le sourire vient arrondir la forme de mon visage pour s’écraser violemment sous un
” S’il pouvait être là… Encore ! ” .
Au final, c’est toujours la même rengaine, la même défaite. La même interminable déception. Il manque à ma vie comme personne ne manquera jamais de rien. Pour la première fois de ces huit longues années, je meurs d’envie de l’oublier. Le souvenir de sa présence me blesse plus encore que son absence elle même. Ce n’est pas que j’ai peur… C’est juste que j’en tremble, que j’en meurs de trouille à l’idée qu’il ne s’éffacera jamais.
Le pire reste encore de savoir que la vie se moque délibérément de moi. Qu’elle ose encore me réveiller temps à autre avec ces même coups de hache dans le dos. Mon égo en devient fou… Et la seule chose qui me sort encore du lit chaque matin, c’est la course à la réussite.
L’envie de prendre son coup de face, au moins une fois et de lui montrer à quel point mes réflexes sont triomphant.